Attentat de Conflans : les Républicains dégainent la carte anti-immigration

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La droite ressort son plus grand tube. Un peu plus d’une semaine après l’attentat qui a coûté la vie à l’enseignant Samuel Paty, Les Républicains s’époumonent (presque) tous en chœur : la lutte contre le terrorisme islamiste ne saurait se passer, selon eux, d’une réduction drastique de l’immigration. Le président de LR, Christian Jacob, l’a martelé toute la semaine sur les plateaux : « Evoquer aujourd’hui l’islamisme radical et le communautarisme en disant qu’il n’y a pas de lien avec l’immigration, c’est se voiler la face », a exprimé Jacob, poursuivant sa pensée : « Le laxisme sur notre politique d’immigration nous a conduit cela. »

« Elle est au cœur de la montée du terrorisme », croit savoir dans le même temps le député (LR) des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti. Elle serait même « le terreau dans lequel s’est enraciné l’islam politique » pour le chef des sénateurs LR, Bruno Retailleau, dans Le Figaro.

Autre argument à droite expliquant qu’il est nécessaire de la limiter : la « tension sociale » que connaît le pays, en temps de crise Covid et à la veille d’une crise économique sans précédent. Impossible dès lors, selon eux, de continuer à absorber le même nombre d’immigrés chaque année. Ce dimanche, dans le JDD, c’est l’ancien espoir présidentiel de la droite, François Baroin, qui y est allé de son couplet sur le sujet. « Le lien avec l’islamisme n’est ni immédiat, ni systématique, ni automatique mais, avec les tensions sociales qui se profilent à cause de la crise, il est inenvisageable d’avoir la même politique d’immigration », a fait valoir le maire (LR) de Troyes. Et d’affirmer que cette immigration doit être « réduite et maîtrisée ».

Prendre ses distances avec la Cour européenne des droits de l’homme

Une fois posé le constat, reste la question des moyens. Le chef des députés LR à l’Assemblée nationale, Damien Abad, estime qu’il est nécessaire de fixer chaque année dans une loi, le niveau jugé « acceptable » d’immigration, à moduler en fonction « du contexte de tension sociale » et économique. Plus radical, la droite réfléchit aussi à prendre ses distances avec la Cour européenne des droits de l’homme, qui consacre notamment le droit au regroupement familial. Ce que LR souhaiterait remettre en cause, pour le soumettre, avec le droit d’asile, à cette fameuse logique de « plafonds » annuels. Eric Ciotti chiffrait cette semaine à 500000 le nombre d’étrangers entrés légalement sur le territoire français.

La question de la gestion des flux migratoires est une critique récurrente de la politique d’Emmanuel Macron de la part de la droite, qui comme sur les autres sujets liés au régalien et à la sécurité, croit avoir trouvé là un de ses points faibles. L’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, et le débat qui s’en est suivi sur la lutte contre l’islamisme radical, est une occasion de plus d’insister sur ce sujet. Et un moyen de rappeler aux Français – croient-ils – que non, le président en exercice n’est pas de droite. Une manière, espèrent-ils, de migrer à nouveau dans le cœur d’un électorat qui depuis 2017 les avait délaissés, ne semblant pas bouder la politique de l’actuel locataire de l’Elysée.

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