«C’est anticonstitutionnel » : Marine Le Pen exclut finalement un référendum sur la peine de mort

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Non, Marine Le Pen ne souhaite pas rétablir la peine de mort, abolie en France en 1981. La candidate du Rassemblement national a répété à plusieurs reprises, dans la campagne, qu’elle n’y était pas favorable et qu’elle défendait à la place une « perpétuité réelle ». Mais l’ancienne avocate était moins claire sur l’utilisation qui pourrait être faite du référendum d’initiative citoyenne qu’elle légalisera si elle est élue le 24 avril. Jusqu’à ce vendredi.

En 2012, Marine Le Pen, si elle était élue, proposait de passer par la voie référendaire pour permettre aux Français de choisir entre peine de mort, marqueur historique du parti d’extrême droite cofondé par son père, et perpétuité « réelle ». En 2015, au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, elle s’y disait favorable « à titre personnel ». En 2017, elle avait annoncé ne pas l’inscrire à son programme, laissant aux Français la possibilité de se prononcer via un référendum d’initiative populaire.

« Nous sommes pour rendre le pouvoir au peuple »

Interrogée sur BFMTV ce vendredi, la députée du Pas-de-Calais a balayé d’un « on ne peut pas, c’est anticonstitutionnel », l’idée de soumettre au vote des Français la remise de la peine capitale dans l’arsenal pénal français. « Le référendum d’initiative citoyenne que je veux mettre en œuvre et qui permet à 500 000 citoyens de soumettre aux Français un projet de loi ou l’abrogation d’une loi, a deux limites : il ne peut pas réviser la Constitution – par définition ce sont d’autres voies de révision – (…) et lorsqu’un référendum mettrait en cause un élément vital pour le pays. Par exemple, un référendum d’initiative citoyenne ne pourrait pas proposer la suppression de l’armée », a-t-elle expliqué.

Problème : la veille, Marine Le Pen était moins catégorique : « le référendum d’initiative citoyenne est une garantie totale pour rendre le pouvoir au peuple, faire souffler un nouveau vent de liberté et de démocratie », défendait-elle jeudi matin sur France 2. Ajoutant : « La peine de mort pourrait passer par un référendum, tout pourrait passer par un référendum, sauf ce qui va à l’inverse de la Constitution », a-t-elle dit.

24 heures plus tôt, le président par intérim du Rassemblement national entretenait la même ambiguïté. « Nous sommes opposés à la peine de mort et favorable à la perpétuité réelle pour les peines les plus graves », expliquait Jordan Bardella sur RTL, ajoutant aussitôt un « mais nous sommes pour rendre le pouvoir au peuple ».

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