Corse : Pierre Alessandri, membre du commando Erignac, se voit accorder un régime de semi-liberté

France

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Pierre Alessandri, qui comme Yvan Colona avait été condamné à perpétuité pour l’assassinat en Corse du préfet Erignac, s’est vu octroyer le “bénéfice de la semi-liberté” jeudi. La mesure est toutefois suspendue, le parquet national antiterroriste (Pnat) ayant fait appel de la décision.

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Emprisonné depuis 23 ans, Pierre Alessandri, membre du commando qui avait assassiné le préfet Claude Erignac en Corse, a obtenu, jeudi 12 mai, de bénéficier du régime de semi-liberté.  

Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé qu’il faisait appel de cette décision du tribunal d’application des peines antiterroriste (Tapat). “Nous venons de signer l’acte d’appel”, a indiqué le Pnat, contacté par l’AFP, suspendant immédiatement cette mesure.

Cette décision devait permettre à Pierre Alessandri de travailler dans la journée dans une exploitation agricole à l’extérieur de la prison de Borgo (Haute-Corse), où il est détenu depuis le 11 avril avec Alain Ferrandi, autre membre du commando condamné à la perpétuité pour l’assassinat du préfet Erignac.

C’est la troisième fois que Pierre Alessandri, 63 ans, demandait à bénéficier du régime de semi-liberté.

En réponse à ses deux premières demandes, en octobre 2019 puis en juillet 2021, le tribunal d’application des peines antiterroriste avait déjà donné son feu vert, mais le parquet national antiterroriste (Pnat) avait contesté la décision, qui avait ensuite été infirmée en appel dans les deux cas.

Contexte de tensions autour du meurtre d’Yvan Colonna

Cette décision était attendue en Corse, après l’agression en prison le 2 mars d’Yvan Colonna, également condamné à la perpétuité pour sa participation à l’assassinat du préfet Erignac. Il est finalement décédé le 21 mars, des suites de cette agression par un autre détenu au sein de la maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône).

Ces événements avaient provoqué de vives tensions en Corse, beaucoup estimant qu’une telle agression n’aurait pas eu lieu si le militant indépendantiste avait été détenu en Corse. L’ancien berger de Cargèse réclamait lui aussi de longue date son rapprochement dans l’île.

Suite à cette agression mortelle, le Premier ministre, chargé de ce dossier à la place du garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, celui-ci ayant été l’avocat d’Yvan Colonna, avait pris une série de décisions concernant Pierre Alessandri et Alain Ferrandi.

Les deux hommes, arrêtés en 1999, avaient été condamnés en 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 18 ans, pour leur participation à l’assassinat du préfet Claude Erignac le 6 février 1998, à Ajaccio. Incarcérés depuis mai 1999, ils étaient libérables depuis mai 2017.

Manifestations contre l'”État français assassin”

Le Premier ministre avait ainsi rendu possible leur transfert dans une prison corse, une demande réclamée de longue date par leurs familles et des élus de Corse et du continent, en levant le 11 mars, “dans un esprit d’apaisement”, leur statut de “détenus particulièrement signalés” (DPS).

La Corse ne comptant aucune maison centrale, le seul type de structure pénitentiaire habilitée à accueillir des DPS, les deux détenus ne pouvaient pas jusqu’à présent être emprisonnés dans l’île et étaient détenus à la maison centrale de Poissy (Yvelines).

Venu mi-mars dans l’île pour tenter d’apaiser la situation, après deux semaines de manifestations virant aux émeutes, avec pour slogan principal “État français assassin”, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait conditionné le rapprochement de Alain Ferrandi et Pierre Alessandri à un retour au calme sur l’île.

Le 22 mars, Jean Castex avait ensuite annoncé le transfert vers la prison corse de Borgo “d’ici mi-avril” des deux détenus. Un transfert finalement effectué le 11 avril.

Une décision de la cour d’appel de Paris concernant une demande similaire d’aménagement de peine avec régime de semi-liberté présentée par Alain Ferrandi sera rendue le 19 mai.

Tout comme pour Pierre Alessandri, cette demande avait été acceptée en première instance le 24 février mais avait été frappée d’un appel suspensif du parquet national antiterroriste.

Avec AFP

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