Escrime : Sara Balzer, l’ambitieuse rescapée de Tokyo

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Seule membre de l’équipe de France de sabre vice-championne olympique il y a un an à être présente aux Championnats d’Europe à Antalya, l’Alsacienne entend bien y assumer son rôle de leader.

Manon Brunet-Apithy forfait pour cause d’épaule droite en vrac, Cécilia Berder enceinte et dans l’attente de donner naissance à son premier enfant, Charlotte Lembach un temps retraitée avant de finalement revenir sur sa décision… Aucune des trois têtes d’affiche ayant mené l’équipe de France de sabre sur la deuxième marche du podium olympique à Tokyo ne sera présente à Antalya, en Turquie, pour les Championnats d’Europe (17-22 juin). Ce qui permet à la quatrième mousquetaire, celle qui avait le statut de remplaçante dans la capitale nippone mais qui avait pris la place de Lembach en finale, d’être dans la lumière. À savoir Sara Balzer qui, à 27 ans, se retrouve propulsée dans le rôle de leader.

Un statut, ou une promotion, qui ne perturbe pas la jeune femme plus que cela : «C’est vrai qu’il y a eu pas mal de changements de dernière minute avec le forfait de Manon, mais aussi plus tôt dans l’année avec un staff différent. Le mot d’ordre a été de s’adapter aux circonstances, ce qui sera encore le cas sur ce Championnat d’Europe. C’est sûr que mon rôle sera différent sur cette compétition que celui que j’avais aux Jeux par exemple. J’ai plus d’expérience. Mais cela ne me demande pas d’effort particulier. Et je suis très contente si je peux apporter plus à l’équipe, dans un nouveau rôle, et transmettre un peu de mon expérience comme d’autres ont pu le faire avec moi auparavant.» Même si la transmission ne sera pas son principal mot d’ordre à Antalya : «J’espère clairement revenir avec une médaille en individuelle. C’est mon objectif. J’ai fait une saison plutôt bonne et je pense en être capable. L’épreuve par équipes sera importante aussi, mais je veux me concentrer d’abord sur l’individuelle.»

Un classement qui ne cesse de grimper

Pour cela, la native de Strasbourg peut s’appuyer sur une progression régulière depuis cette funeste année 2017 envolée pour cause de rupture complète du ligament croisé antérieur du genou gauche. Un véritable coup d’arrêt pour la sabreuse, qui a mis du temps à se reconstruire. «Je ne sais pas du tout où j’en serai aujourd’hui si je n’avais pas eu cette blessure. Ce qui est sûr, c’est que cela a été très difficile à vivre, à encaisser. Mais avec le recul, j’ai le sentiment aussi que cela m’a beaucoup apporté. J’ai essayé d’en tirer le maximum de positif et c’est ce que j’ai réussi à faire. Cela m’a changé dans ma manière de travailler, de voir les choses et cela m’a donné une rage vraiment immense pour préparer Tokyo.» Tombée à la 137e place mondiale, elle qui approchait du Top 10 avant ce coup du sort, Balzer n’a de cesse depuis de rattraper le temps perdu : 73e en 2019, 39e en 2021 (après une année blanche en raison du Covid en 2020), 20e aujourd’hui.

C’était l’un de mes plus grands rêves de vivre des Jeux et d’y décrocher une médaille.

Sara Balzer

«Mon classement monte, j’avance et je suis contente de cela», confiait-elle dans l’écrin de l’Insep, juste avant de s’envoler pour la Turquie. «C’est aussi l’un de mes objectifs que de faire partie des 16 meilleures mondiales pour vivre des premiers tours de tournoi peut-être moins stressants. Là, je n’ai aucun point à défendre ni aux Championnats d’Europe, ni aux Monde qui suivront (15-23 juillet). J’ai une belle opération à faire sur ces deux compétitions. Je me sens bien. Je me suis bien entraînée. Physiquement, je suis en forme. Donc je pense avoir fait tout ce qu’il fallait pour aborder au mieux cette double échéance.» Et pour cela, elle pourra s’appuyer sur sa médaille d’argent olympique par équipes de Tokyo, qui l’a fait grandir : «C’était l’un de mes plus grands rêves de vivre des Jeux et d’y décrocher une médaille. D’y être parvenue me rend extrêmement fière. Cela m’a apporté à la fois de la sérénité, mais aussi beaucoup de motivation pour la suite. J’ai envie d’aller chercher d’autres médailles à Paris. Mentalement, cela m’a beaucoup apporté aussi. Cela a été des moments très stressants, lors desquels il a fallu faire face et aujourd’hui, quand je suis dans une situation similaire, je me dis que j’ai su gérer ça à Tokyo et je m’en sers.»

Et si cet été se passe comme elle le souhaite, il sera alors temps pour l’escrimeuse de se tourner résolument vers Paris 2024, où elle aura 29 ans, une sorte d’âge d’or dans sa discipline : «Paris n’est pas dans si longtemps que cela. Et même si je ne voulais pas y penser, on m’en parle tellement souvent que c’est impossible de faire comme si cela n’existait pas. Mais avant, j’ai des étapes à franchir, comme celle de faire une médaille individuelle dans un grand championnat. Je suis extrêmement motivée. Je pense que j’en suis capable et jusqu’à présent, sur ce que j’ai réalisé cette saison, je pense être sur le bon chemin.» Même si elle ajoute de suite : «Je suis quelqu’un de très perfectionniste, de très dure avec moi-même. Je veux toujours faire mieux, et j’ai tendance à me concentrer que sur le négatif. Mais de me dire que cette médaille olympique, je l’ai, cela me rassure. C’est bien de se souvenir du positif.» Surtout quand le meilleur est peut-être encore à venir.

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