Inflexion sur la réforme des retraites : Le Pen dénonce une «manœuvre» de Macron

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Marine Le Pen n’y croit pas. La candidate du Rassemblement national a considéré ce mardi qu’Emmanuel Macron « ira au bout de son obsession » sur la retraite à 65 ans s’il était réélu. La veille Emmanuel Macron s’était dit prêt à « bouger » et à « ouvrir la porte » à un report de l’âge de départ à 64 ans, plutôt qu’à 65 ans.

Une « manœuvre » vis-à-vis des électeurs de gauche, dénonce Marine Le Pen, en campagne pour tenter de s’imposer au second tour de la présidentielle, interrogée sur France Inter. Et de tenter de décrédibiliser le candidat : « Je n’ai aucune confiance dans Emmanuel Macron, mais aucune, et encore moins à dix jours du second tour » de la présidentielle, a-t-elle affirmé.

« Il n’y a rien à attendre d’Emmanuel Macron dans ce domaine. Il ira au bout de cette obsession, car en réalité la retraite à 65 ans c’est son obsession : il ne parle que de ça, il n’envisage que ça, et il a été fort mari lors du dernier quinquennat de ne pas pouvoir aller au bout de cette réforme », a ajouté la candidate Rassemblement national.

Alors qu’on lui faisait remarquer qu’elle aussi avait changé d’avis au fil du temps, promettant d’abord la retraite à 60 ans avec quarante annuités avant de ne la prévoir que pour les Français entrés dans la vie active entre 17 et 20 ans, elle a fait valoir qu’elle « ne change pas d’avis en deux jours ».

« Tous les Français sont extrêmement intelligents, tous ont compris c’est la manœuvre d’Emmanuel Macron pour tenter de récupérer, ou en tout cas d’atténuer, l’opposition des électeurs de gauche », a-t-elle estimé.

Macron tente de se montrer à l’écoute

Emmanuel Macron s’est dit lundi prêt à « bouger » sur la réforme des retraites et à « ouvrir la porte » à un report de l’âge de départ à 64 ans, plutôt qu’à 65 ans, « s’il y a trop de tensions » et que cela peut « bâtir un consensus ». Il a aussi dit qu’il « n’exclut pas un référendum sur quelque réforme que ce soit », y compris celle des retraites.

Tout en défendant sa proposition : « Je dis aujourd’hui le système n’est plus financé. Si on accepte du déficit sur nos retraites ça veut dire : nos enfants, ce sont eux qui paieront », a-t-il déclaré sur BFMTV avant de rappeler sa promesse d’indexer les pensions de retraite sur l’inflation et de porter la pension minimale à 1 100 euros pour les carrières complètes.

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Mme Le Pen a épinglé le fait que le président candidat promette la possibilité d’avoir recours à un référendum alors qu’ « il ne l’a jamais utilisé en cinq ans », et que la réforme puisse intervenir à la fin du quinquennat, « quand il ne risque pas d’être sanctionné par les électeurs puisque, si tant est qu’il soit réélu, il ne pourrait pas se représenter ».

Le président du RN Jordan Bardella a également critiqué sur France 2 cette « machine-arrière » du président candidat pour « empêcher une partie de la gauche de se reporter » sur Marine Le Pen au second tour. « Emmanuel Macron, c’est tout et son contraire », a-t-il lancé.

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