Législatives : circonscriptions, retraite, Mélenchon à Matignon… ce que contient l’accord entre les Insoumis et les écolos

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Les mots ne sont pas assez forts pour saluer l’accord qui a été conclu la nuit dernière. « Historique ! », clame-t-on dans les rangs des écologistes et dans ceux de la France insoumise. Après plusieurs jours et nuits de négociations, les deux parties se sont entendues dans la nuit de dimanche à lundi pour signer un accord valable pour les prochaines élections législatives. Une première avancée de poids pour Jean-Luc Mélenchon, engagé dans une quête d’union de la gauche pour arracher le plus de sièges possibles à l’Assemblée nationale. Lui jure même être en mesure de rafler la majorité dans l’hémicycle si la gauche parvient à se présenter en juin prochain sous le même étendard.

Certes, Jean-Luc Mélenchon avait déjà serré la main des représentants de Génération. s, le parti créé après la présidentielle de 2017 par Benoît Hamon. Mais conclure avec les écologistes vient crédibiliser l’idée d’une gauche unie, alors que les discussions se poursuivent ce lundi avec les socialistes et les communistes. Voici les principaux points d’accord entre les écolos et les Insoumis.

Sur la forme : Mélenchon Premier ministre, 100 circonscriptions

Le Conseil fédéral d’EELV a validé l’accord négocié au cours des deux dernières semaines, par 84 voix pour, 10 contre, 8 bulletins blancs et une personne qui n’a pas participé au vote. Cet accord attribue notamment 100 circonscriptions pour le pôle écologiste.

L’un des grands enseignements de cet accord porte sur le fait que les écologistes reconnaissent sans ambages la domination des Insoumis à gauche. Une domination qui aura son importance en cas de victoire. « Les 12 et 19 juin, par leurs votes, nous proposons aux Françaises et aux Français de mettre en place un large rassemblement s’appuyant sur la dynamique de la campagne présidentielle de l’Union populaire ouvrant la voie à une majorité à l’Assemblée nationale, peut-on lire. Dans cette perspective, le Premier ministre serait issu du plus grand groupe à l’Assemblée, soit Jean-Luc Mélenchon. »

On savait que le tribun de la France insoumise souhaitait incarner cette union en s’installant à Matignon en cas de victoire. Il a donc tenu à le faire mentionner explicitement. Le communiqué ajoute qu’en cas d’accord global, un événement réunissant toutes les forces signataires sera organisé le 7 mai prochain.

Sur le fond : retraite à 60 ans, désobéissance européenne

Cet accord, bien évidemment, porte également sur les éléments programmatiques. « Nous souhaitons fédérer sur la base d’un programme ambitieux, toutes les forces qui le partagent, en respectant leur pluralité et leur autonomie », indiquent LFI et EELV. « Pour la clarté, nous souhaitons le faire autour d’une bannière commune Nouvelle union populaire écologique et sociale ».

Font partie des priorités programmatiques, entre autres, « la hausse du smic à 1400 euros, le retour à la retraite à 60 ans pour toutes et tous, la garantie d’autonomie pour les jeunes, le blocage des prix sur les produits de première nécessité et l’éradication de la pauvreté, la planification écologique », ou encore la VIe République.

Les deux formations sont même parvenues à un compromis sur l’Europe, stipulant que « pays fondateur de l’Union européenne, la France ne peut avoir pour politique ni la sortie de l’Union, ni sa désagrégation, ni la fin de la monnaie unique ». Un message martelé ce lundi matin par Julien Bayou sur BFMTV, qui a juré qu’une sortie de l’Union européenne ne sera jamais mise sur la table.

Mais conformément aux souhaits de LFI, pour l’application du programme et « dépasser certains blocages », il faudra être « prêts à désobéir à certaines règles européennes (en particulier économiques et budgétaires) ». Enfin les deux forces disent « se donner tous les moyens » pour que l’inclusion dans cette alliance du PS et du PCF soit réalisée.

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