Législatives : Dubost, Peyrat, Elimas… la majorité aussi a ses cas compliqués à gérer

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Les calendriers judiciaires et politiques se heurtent fréquemment. En période électorale, le phénomène est d’autant plus saisissant. Les partis se retrouvent alors à devoir trancher, avec notamment le risque de maintenir un élu qui sera finalement condamné ou d’exclure un homme ou une femme innocentée.

La République en Marche, cette année, a dû faire un peu de ménage et plusieurs députés sortants ont perdu leur investiture. On pense nécessairement à la députée de l’Hérault Coralie Dubost, espoir macroniste qui a quitté la vie politique après avoir été épinglée pour ses notes de frais mirobolantes et hors des clous. C’est le cas aussi de Pierre Cabaré, député de la première circonscription de Haute-Garonne ou de Benoit Simian en Gironde. Tous les deux sont accusés de harcèlement par une ancienne collaboratrice, le second l’est aussi par son épouse. Stéphane Trompille a lui été écarté dans l’Ain après avoir été condamné pour harcèlement sexuel en 2020. Même sentence, enfin, pour l’ancienne secrétaire d’Etat Nathalie Elimas, visée par une enquête pour harcèlement moral.

Du cas par cas ?

Il y a aussi des contre-exemples. Celui qui fait le plus parler de lui ces derniers jours est Jérôme Peyrat, député de la Dordogne, condamné à 3000 euros d’amende avec sursis en septembre 2020 pour des faits de violences conjugales. Son investiture a notamment été dénoncée par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, un collectif né en février dans le sillage du mouvement #Metoopolitique.

Aujourd’hui, il minimise la portée de cette condamnation, en assurant que le coup reçu par sa femme lors d’une dispute en voiture n’était pas volontaire et rappelle que son ancienne compagne a aussi été condamnée pour des appels et messages malveillants. Contacté, Stanislas Guérini, le délégué général d’En Marche, n’a pas répondu à nos sollicitations sur les conditions des investitures. Aucune autre figure de la majorité n’a été en mesure de nous indiquer si une règle officielle ou officieuse s’applique en la matière.

Plusieurs candidats semblent en outre bénéficier de la ligne portée par Emmanuel Macron en juillet 2017, lorsqu’il appelait à « en finir avec le viol permanent de la présomption d’innocence », pour défendre Gérald Darmanin, alors accusé de viol. Au moins quatre autres parlementaires, dont Thierry Solère, l’un des stratèges de la macronie, ont ainsi été réinvestis cette année alors qu’ils font l’objet de poursuites, sans pour l’instant avoir été condamnés.

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