Législatives : LFI et le PCF tout proches d’un accord, encore « des points de blocage » pour le PS

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Malgré les tensions qui animent le parti en interne, le porte-parole du PS l’assure ce mardi sur Europe 1 : « Nous sommes à quelques pas d’un accord historique » avec LFI pour les élections législatives de juin prochain. S’il reste « certains réglages » à trancher, « les gauches ne sont pas si irréconciliables », a félicité le socialiste.

Du côté du camp de Jean-Luc Mélenchon, on est plus prudent. « Notre échange est cordial », mais « il reste des points de blocage à la fois sur le fond mais essentiellement sur les circonscriptions », a déclaré le négociateur de LFI Manuel Bompard devant le siège de son parti où ont lieu les tractations, avant la pause déjeuner. « Ils sont un peu trop gourmands » par rapport au 1,74% des voix obtenues par la candidate PS Anne Hidalgo à la présidentielle, a renchéri le député LFI Éric Coquerel, rappelant que l’accord devait être « conclu aujourd’hui ».

Les négociations ont repris ce mardi matin au siège de La France insoumise, placée en position de force grâce aux 22 % de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Un accord entre insoumis et écologistes, désormais rassemblés sous la bannière de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes), a été conclu dimanche soir. Le NPA est aussi arrivé ce mardi. Son négociateur Antoine Larrache a estimé que la présence du PS « posait problème », en ce qu’il représente, selon lui, les « politiques libérales » de ces dernières décennies.

« Nous soumettrons l’accord au débat », assure Jouvet

Les discussions actuelles concernent « le contenu programmatique, les enjeux stratégiques, la répartition des circonscriptions », a précisé Pierre Jouvet, assurant que les « Socialistes seront respectés ». La désobéissance aux traités européens, notamment ceux relatifs à la concurrence et au budget, fait partie des points de tensions qui subsistent entre Insoumis et Socialistes, alors qu’un courant minoritaire du PS et plusieurs figures historiques comme François Hollande et Jean-Christophe Cambadélis s’opposent à un accord.

« Je ne sortirai pas de ces discussions en étant insoumis », a-t-il relativisé. « Bien sûr que nous soumettrons l’accord au débat », mardi soir lors du bureau national du PS, a promis Pierre Jouvet, en réponse aux demandes de délibération interne. Mais, a-t-il regretté, « certains veulent continuer de faire croire qu’il ne s’est rien passé au PS ». « Vous n’avez pas vu ce qui s’est passé ? Quand on fait 600 000 voix, vous pensez que ça n’est pas ça la disparition ? », s’est-il exclamé. « Ce n’est pas moi qui ai mis le PS dans cet état ».

La radicalité a fait « les plus grandes heures du PS »

À la présidentielle, « les électeurs ont réglé cette question, ils sont allés vers un vote utile, celui le plus efficace » de Jean-Luc Mélenchon, a estimé le cadre socialiste, ajoutant : « Et ils nous disent travaillons ensemble, rassemblons-nous ». « La gauche a su changer la vie des gens quand elle a été en mesure de se rassembler », a-t-il encore souligné.

Avant d’interroger : « J’entends beaucoup sur la radicalité, qui serait incompatible avec le PS mais enfin la radicalité, est-ce que ce n’est pas ce qui a fait les plus grandes heures du PS : le Front populaire, les congés payés, la baisse du temps de travail, l’abolition de la peine de mort ? »

Avec le PCF, un accord en bonne voie

En parallèle, le Parti communiste français a indiqué ce mardi que l’accord avec LFI était sur le point d’être « finalisé ». « L’exécutif national du PCF vient de donner un mandat favorable à sa délégation nationale pour finaliser le projet d’accord avec l’Union populaire », a rapporté sur Twitter Igor Zamichiei, coordinateur de l’exécutif national du parti.

Les deux formations se sont entendues sur la « stratégie, le programme et les circonscriptions », selon Igor Zamichiei, qui précise que « ce projet sera soumis à 15 heures à son conseil national après consultation des conseils départementaux ». Le détail de l’accord sera précisé dans l’après-midi.

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