Législatives : LR lancera samedi sa campagne pour se relancer après le désastre de la présidentielle

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Après la désillusion de la présidentielle au cours de laquelle leur candidate Valérie Pécresse n’a recueilli que 4,8 % des voix, Les Républicains lancent officiellement samedi à Paris leur campagne pour des législatives. Près de 400 personnes, dont une centaine de candidats aux législatives des 12 et 19 juin, sont attendues au Conseil national qui se tiendra à partir de 14 heures, à huis clos, au siège du parti.

Au programme : discours des dirigeants Annie Genevard, Christian Jacob et Gérard Larcher, clip vidéo, ainsi qu’une intervention des alliés Centristes Hervé Morin et, par vidéo, Jean-Christophe Lagarde pour l’UDI, avant une conférence de presse de Christian Jacob, président de LR, à 16 heures.

Le parti a désormais sa liste quasiment prête, ayant réuni sa dernière commission d’investiture mercredi. La plupart des poids lourds (Éric Ciotti, Damien Abad, Aurélien Pradié, Annie Genevard…) rempilent, même si Christian Jacob ne se représentera pas à un sixième mandat. D’autres se lancent pour la première fois : l’ex-candidat à la primaire Philippe Juvin (cité parmi les possibles ralliés à la majorité LREM) dans les Hauts-de-Seine, l’avocat et chroniqueur Charles Consigny dans les Yvelines… Plusieurs membres de l’équipe de campagne de Valérie Pécresse se présentent, de l’avocat Thibault de Montbrial (Yvelines) à Geoffrey Carvalhinho (Seine-Saint-Denis) en passant par le président des jeunes LR Guilhem Carayon dans le fief familial du Tarn.

À l’inverse dans la 10e circonscription du Nord où se présente Gérald Darmanin, la candidate investie par LR Claudine Hue a annoncé jeudi qu’elle allait « soutenir » le ministre de l’Intérieur. Au total, une vingtaine de candidats, quoique déjà investis, ont préféré jeter l’éponge après la défaite de la présidentielle. Mais « ces législatives sont d’une toute autre nature », selon Christian Jacob, qui a fixé l’objectif jeudi sur France inter : « On est à cent (députés), c’est d’aller au-delà ».

Pour cela, le patron de LR compte sur un « ancrage local » confirmé lors des élections municipales et régionales. « C’est là que nous, Les Républicains, faisons la différence », a-t-il assuré, en critiquant « parisianisme » et « bureaucratie » des candidats de la majorité. Quant à l’union de la gauche, c’est « tout et n’importe quoi », a-t-il balayé. Mais une députée LR s’inquiète pour les conséquences aux législatives : « Ça va être rebelote, je crains qu’on se prenne une deuxième vague de vote utile ».

La chasse aux transfuges

Samedi, les candidats se verront remettre une « charte », qu’ils devront signer d’ici au dépôt officiel des candidatures, affirmant leur indépendance politique. En clair, il s’agit de dissuader toute tentation de ralliement à Emmanuel Macron. Car « il n’y a pas de double appartenance possible », martèle Christian Jacob depuis la présidentielle.

Après ce désastre pour le parti qui a structuré la vie politique française pendant des décennies, la grande inquiétude de LR est que certains députés ne passent dans le camp de la macronie pour sauver leur siège. Après le second tour de la présidentielle, plusieurs élus (Damien Abad, Constance Le Grip…) se sont montrés ouverts à un rassemblement, au nom de l’intérêt général, alimentant les spéculations. La droite s’est aussi inquiétée de rumeurs récurrentes prêtant à Nicolas Sarkozy, reçu mardi encore à l’Élysée, l’intention de négocier avec Emmanuel Macron une série de ralliements chez les sortants.

Combien pourraient-ils être in fine ? Un article du quotidien Le Figaro parlait jeudi de « cinq à sept » partants. « On est passé de 60 à 30 et, aujourd’hui, à moins de 10. C’est une moisson très maigre », souligne un député. Dans ce contexte, la liste des investitures de LREM sera suivie de près (la deuxième vague est attendue samedi), pour voir si la majorité présidentielle met un candidat en face des potentiels transfuges. La première vague jeudi a révélé que le député LR de l’Yonne Guillaume Larrivé, qui avait envoyé des signaux insistants, devra finalement affronter un candidat de la macronie. « Une humiliation », estime le député déjà cité, selon qui « cela va en refroidir certains ».

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