Marine Le Pen refuse d’accréditer Quotidien : «c’était une plaisanterie», justifie Louis Aliot

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Nouvelles tensions entre le Rassemblement national et les médias. La candidate à la présidence de la République, Marine Le Pen, s’est justifiée mardi de ne pas convier les journalistes de l’émission « Quotidien » à certains de ses déplacements, jugeant qu’ils faisaient du « divertissement » et non de « l’information ». Une position aussitôt vivement condamnée par une partie de la profession, y voyant une atteinte à la liberté de la presse.

Ce mercredi, le président sortant Emmanuel Macron a également condamné ces propos, y voyant le « début d’une dérive autoritaire ». « Vous parlez du même président de la République qui a supprimé la salle de presse à l’Élysée ? Qui a créé le scandale dans les rédactions parce qu’il voulait choisir les journalistes qui le suivaient ? », a rétorqué la candidate RN ce matin, lors d’un déplacement à Gennevilliers.

Une « plaisanterie »

Marine Le Pen fait référence à un épisode survenu au début du quinquennat d’Emmanuel Macron. Voulant cadenasser sa communication, le chef de l’État avait annoncé début 2018 le déménagement de la salle de presse emblématique, installée dans la cour d’honneur depuis près de quarante ans, pour la transférer… dans une annexe. Une décision qui symbolisait, pour les journalistes, la volonté du chef de l’État de les éloigner du cœur du pouvoir. Après plusieurs mois de polémique, l’Élysée avait finalement cédé, en annonçant le maintien de la salle dans la cour du palais présidentiel.

Reste qu’aujourd’hui, la position de Marine Le Pen vis-à-vis de la presse embarrasse même en interne. Interrogé sur la volonté de décider elle-même qui peut être journaliste ou non, le maire de Perpignan et porte-parole de la candidate RN, Louis Aliot, a assuré qu’il fallait plutôt prendre ses déclarations… avec humour. « Elle l’a dit sous la forme de la plaisanterie », a-t-il justifié sur le plateau de LCI.

Des tensions récurrentes avec la presse

Avant d’ajouter : « les journalistes ne sont pas une caste à part, ils sont des vecteurs de l’opinion, démocratiques. Vous en avez des hostiles, d’autres moins hostiles. Cela fait partie du système politique ». Les tensions entre la presse et le parti d’extrême droite n’ont rien de nouveau.

En 2017, les Sociétés de journalistes (SDJ) de près d’une trentaine de rédactions avaient déjà signé une tribune pour protester contre une décision du parti de « choisir les médias autorisés à suivre Marine Le Pen ». Deux ans plus tard, le RN avait encore temporairement retiré l’accréditation à un journaliste de Libération pour couvrir son université d’été à Fréjus, après la diffusion par le quotidien d’un portrait du maire RN de la ville, David Rachline.

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