«On est en mesure de lui imposer une autre majorité» : La France Insoumise rêve d’une cohabitation avec Emmanuel Macron

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Qu’a-t-il manqué à Jean-Luc Mélenchon pour accéder au second tout ? « Trois fois rien », regrette son porte-parole Adrien Quatennens, visiblement ému au micro de France Inter ce lundi matin. Il manquait 500 000 voix au candidat de la France Insoumise pour dépasser Marine Le Pen (RN).

« Le sursaut de mobilisation en notre faveur a été là. Peut-être qu’il aurait pu être encore plus impressionnant mais déjà franchement, il l’a été. » Le coordinateur de la France Insoumise reconnaît toutefois que les voix du communiste Fabien Roussel (2,3 %) « nous ont manqué, incontestablement ».

Au lendemain du premier tour, le numéro deux du parti de Jean-Luc Mélenchon ne cache pas son immense déception. « On a perdu un quinquennat pour le climat, alors que le Giec vient de nous dire qu’on n’avait plus qu’une poignée d’années pour agir. Beaucoup de gens nourrissent beaucoup d’espoir, et même s’il y a une déception très nette, je veux dire que ce bloc populaire que nous avons constitué est présent, et il sera là pour la suite. »

Même si l’efficacité du « vote utile » a poussé les électeurs vers Jean-Luc Mélenchon, Adrien Quatennens souligne surtout le « vote d’adhésion programmatique », « les gens ont voté aussi pour des raisons de fond, pour à la fois mettre le pays au niveau des grands défis et améliorer leur sort. »

Désormais, que faut-il attendre d’Emmanuel Macron ? « On n’attend rien de lui, je n’ai pas envie d’entrer dans une négociation avec Emmanuel Macron. » Ce qui apparaît « clairement » hier, selon le député LFI, ce sont trois blocs politiques : « Il n’y a pas de majorité politique dans ce pays, enthousiasmée par le programme d’Emmanuel Macron. »

L’immense enjeu des législatives

Alors que la France Insoumise n’appelle pas à voter pour le candidat-président, Adrien Quatennens estime que c’est à lui de « prendre ses responsabilités » face à la présence de Marine Le Pen au second tour, car il « rêvait d’un second tour en remake de 2017 ».

Dans la perspective des législatives, une union de la gauche va « se discuter », à la lumière du « nouveau rapport de force qui est celui que l’on voit à la sortie des urnes hier. On comprend que l’avenir de ce pays à gauche ce n’est pas la sociale démocratie, c’est ce bloc populaire que nous avons constitué. Des tas de gens comptent sur nous, je leur dis : on sera au rendez-vous. »

La France Insoumise rêve même d’une cohabitation forcée : « Emmanuel Macron peut ne pas avoir de majorité à l’Assemblée, calcule Adrien Quatennens. Il s’agira de faire le nécessaire pour lui imposer une cohabitation. On est en mesure de lui imposer une autre majorité, si l’ensemble de celles et ceux qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon hier renouvelle leur vote aux législatives. »

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