Paris 2024 : un projet controversé crée des remous au sein de la justice antidopage

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A deux ans des JO-2024 de Paris, le projet porté par l’Agence française antidopage (AFLD) de créer un deuxième organe disciplinaire réservé aux sportifs de très haut niveau, crée des remous au sein de la justice antidopage

«C’est une hypothèse de travail, rien n’est encore acté», a confié à l’AFP une source proche de l’AFLD.

Depuis 2018, la justice antidopage est scindé en deux avec d’un côté l’AFLD, qui contrôle, mène les enquêtes et propose les sanctions pour les sportifs suspectés de s’être dopés. Mais c’est ensuite la commission des sanctions, un organe indépendant de l’AFLD et composé de onze membres, présidé par un conseiller d’État, qui juge ces affaires et prononce les sanctions. En vue des JO de Paris dans deux ans, la présidente de l’AFLD envisage donc de créer une deuxième commission disciplinaire afin d’harmoniser les procédures avec celles de l’Agence mondiale antidopage (AMA) et réservée aux sportifs au statut international.

Tous les sportifs ne possèdent pas ce statut qui est fixé par les fédérations internationales. Et pour eux, la juridiction de recours est le Tribunal arbitral du sport (TAS, basé à Lausanne) et non le Conseil d’État pour tous les autres sportifs. Ces sportifs au statut international, pour la plupart des Français, constituent actuellement près de 10% des affaires traitées par l’agence antidopage française.

La commission des sanctions rejette ce projet

«Imaginons qu’il y ait un sportif international pris avec un échantillon positif à un mois de l’ouverture des JO sur le sol français. Est-ce qu’on est en mesure de fournir une procédure conforme aux règles de l’AMA ? C’est ça la réflexion», décrypte cette source proche de l’AFLD.

Prévenus de ce projet par un courrier daté du 12 avril et signé de la présidente de l’AFLD, les membres de la commission des sanctions ont répliqué mercredi. Ils considèrent dans un courrier adressé à la présidente de l’AFLD consulté par l’AFP «qu’il n’y a pas lieu et surtout qu’il serait contraire à la loi de créer un deuxième organe disciplinaire au sein de l’agence». «La présidente veut une commission des sanctions à sa botte», décrypte une source proche de l’antidopage français.

Récemment, plusieurs décisions de la commission des sanctions, comme dans les affaires Clémence Calvin ou Ophélie Claude-Boxberger, ont été attaquées devant le Conseil d’État par l’AFLD. «Rien n’est acté. La réflexion du collège de l’AFLD n’est pas figée», assure la source proche de l’AFLD.

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