Présidentielle : l’écologie, le parent pauvre du débat Le Pen-Macron

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Si le débat de l’entre-deux-tours de la présidentielle entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen a été technique sur les mesures de pouvoir d’achat, juridique sur l’immigration, idéologique sur le voile ou sur l’Europe, financier sur les liens du Rassemblement national avec Moscou, il n’a guère donné lieu à une confrontation poussée sur l’écologie. Malgré l’urgence climatique, la joute s’est souvent résumée à une bagarre de formules.

D’ailleurs, à la fin de l’émission, mercredi 20 avril, le président sortant a regretté en loge ne pas avoir pu développer davantage sa vision, comme l’a rapporté le site Politico. C’était pourtant le thème phare de son meeting à Marseille, où, le 16 avril, il avait notamment promis, en cas de victoire, de nommer un Premier ministre chargé de la « planification écologique ».

VIDÉO. « Climatosceptique » contre « climato-hypocrite »… Le Pen et Macron s’affrontent sur l’écologie

Devant les caméras de TF1 et de France 2, les deux finalistes se sont renvoyé des qualificatifs peu amènes. Emmanuel Macron a présenté son adversaire comme « climatosceptique ». Il l’a accusée de vouloir mettre un coup d’arrêt aux nouveaux projets éoliens et solaires. « Votre stratégie est une stratégie du tout nucléaire. Elle n’est pas possible », a-t-il asséné. En face, Marine Le Pen a traité le président sortant de « climato-hypocrite », soutenant le « pire de l’écologie punitive ».

Empoignade sur les éoliennes

Pour appuyer son argumentation, la candidate du RN a cité l’interdiction du passage des voitures anciennes ou polluantes dans les centres-villes des grandes agglomérations « même pour aller à l’hôpital » ou le fait de « dire que les gens sont coupables parce qu’ils ne s’achètent pas de voiture électrique ». Enfin, elle a reproché à Emmanuel Macron la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), au début de son quinquennat.

Les éoliennes ont été un autre sujet d’empoignades. Emmanuel Macron a battu en brèche l’idée de démanteler ces équipements, qui figure dans le programme du Rassemblement national. Sa concurrente a, elle, accusé le chef de l’État sortant d’installer des éoliennes off-shore partout où cela est possible, « sauf face au Touquet », lieu de villégiature du couple Macron. « Vous rigolez ou quoi ? s’est étranglé Emmanuel Macron. C’est du complotisme ! »

Si le projet a bien été suspendu au large de la Côte d’Opale, les causes de cette décision semblent plus complexes. Jeudi 21 avril, le maire LR du Touquet, Daniel Fasquelle, est monté au créneau pour prendre la défense d’Emmanuel Macron.

Dans un tweet, il affirme que « le projet de parc éolien face aux plages de Berck au Touquet a été écarté en 2017 suite à une démarche du collectif Horizon que j’ai créé, ce qui a empêché Ségolène Royal, ministre de François Hollande, de passer en force à la veille des élections. Emmanuel Macron n’y est pour rien. »

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