Présidentielle : Macron se dit prêt à «bouger» sur la réforme des retraites et «n’exclut» pas un référendum

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Lors d’une interview à BFMTV ce lundi, puis à l’occasion d’un bain de foule, Emmanuel Macron est revenu sur l’une des mesures phares de sa campagne, le report à 65 ans de l’âge de départ à la retraite. Interrogé par Bruce Toussaint dans le café Le Bellevue à Carvin (Pas-de-Calais), le président candidat a promis de « concerter » avant de mettre en œuvre cette proposition.

« Je dis aujourd’hui le système n’est plus financé. Si on accepte du déficit sur nos retraites ça veut dire : nos enfants, c’est eux qui paieront », a-t-il d’abord avancé pour défendre la mesure, avant de rappeler sa promesse d’indexer les pensions de retraite sur l’inflation et de porter la pension minimale à 1100 euros pour les carrières complètes. « Je regarde tous nos voisins, on est entre 65 et 67 ans », a-t-il appuyé.

S’il est élu, Emmanuel Macron a toutefois promis de « concerter » sur le projet de réforme, afin de l’améliorer « collectivement ». Il a également assuré ne pas « exclure » l’idée d’un référendum, « pour quelque réforme que ce soit ». « Nos discussions (avec les Français) permettent de clarifier les choses », a-t-il ajouté.

64 ans plutôt que 65 ?

Quelques minutes plus tard, le président-candidat a détaillé sa pensée en répondant à des questions lors d’un bain de foule. « Je suis prêt à bouger le rapport au temps et dire qu’on ne fait pas forcément une réforme jusqu’en 2030 si je ressens trop d’angoisse chez les gens. Parce qu’on ne peut pas dire le dimanche soir je veux rassembler et quand on va écouter les gens dire je ne bouge pas », a-t-il souligné, affirmant que « les 65 ans ne sont pas un dogme » et évoquant une « clause de revoyure en 2027 ». A la question de savoir si ce chiffre pourrait être abaissé à 64 ans, au vu des réticences des Français, il a répondu par l’affirmative.

« J’ouvre la porte très clairement (…) peut-être que s’il y a trop de tensions, il faut s’arrêter en 2027, et ne pas préempter la suite » de la réforme, a-t-il précisé, sachant que son projet actuel est de retarder l’âge de départ de 4 mois par an dès 2023.

Ce projet de réforme est si contesté qu’il a été interpellé à ce sujet par des habitants inquiets tout au long de sa visite dans les Hauts-de-France ce lundi. « J’ai voté pour vous mais je le regrette, vous n’aimez pas beaucoup les retraités », lui a lancé une habitante de Denain. Réponse du candidat : « Il faut que nos anciens aient une retraite plus décente, la retraite minimum est à 900 euros, on va la monter à 1100. Si on veut ça pour nos anciens, il faut travailler un peu plus longtemps, ceux qui ont des carrières longues ou pénibles ou les handicapés, on leur permettra de partir un peu plus tôt. »

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