Roland-Garros : Nadal-Djokovic, une nouvelle manche dans la rivalité la plus prolifique du tennis

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Le duel attendu entre Novak Djokovic et Rafael Nadal aura bien lieu. Les deux légendes vivantes du tennis se retrouvent mardi soir en quarts de finale de Roland-Garros, pour le 59e duel d’une rivalité qui dure depuis 2006.

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À chaque tournoi du Grand Chelem, c’est le même rituel. Le tirage au sort est guetté fébrilement pour savoir quand se rencontreront les deux géants du tennis, Novak Djokovic et Rafael Nadal. Celui de l’édition 2022 avait programmé une éventuelle rencontre pour les quarts de finale. Quatre tours plus tard, les deux légendes sont bien au rendez-vous pour leur 59e rencontre, qui doit se dérouler lors d’une session nocturne.

“Bien sûr, c’est le match que beaucoup de monde attendait depuis le tirage au sort”, a reconnu Novak Djokovic en conférence de presse.

Cinquante-huit affrontements, avantage Djokovic

C’est tout simplement la rivalité la plus prolifique du tennis masculin. Sur leurs 58 affrontements à ce jour, le numéro 1 mondial est devant (30-28). Sur les surfaces rapides, l’avantage du Serbe est écrasant (20-7) mais sur la terre battue – sa surface fétiche – Rafael Nadal mène 19 à 8. En Grand Chelem, avantage statistique au Majorquin (10-7).

L’Espagnol est également le détenteur d’un record que Novak Djokovic chasse depuis longtemps : le nombre de victoires finales en Grand Chelem. En janvier dernier, Rafael Nadal s’est adjugé l’Open d’Australie et donc le 21e trophée majeur de sa carrière, dépassant les deux autres membres du “Big Three”, Novak Djokovic et Roger Federer, bloqués à 20. Treize fois lauréat de la Coupe des Mousquetaires, il est tout simplement le roi de Roland-Garros. Il a même déjà sa statue à l’entrée et les organisateurs ont prévu l’espace nécessaire pour pouvoir ajouter d’éventuels titres supplémentaires…

Entre “Rafa” et “Nole”, le dernier duel en date sur les courts remonte à un an, déjà sur la terre battue parisienne, mais une marche plus haut : Djokovic y avait renversé Nadal, le treize fois maître des lieux, au bout d’un combat homérique de plus de quatre heures (3-6, 6-3, 7-6 (7/4), 6-2), avant de s’offrir le trophée face à Stefanos Tsitsipas.

Djokovic de nouveau dans le droit chemin

En effet, les blessures et les circonstances ont privé les fans de tennis d’une nouvelle confrontation. Rafael Nadal a dû déclarer forfait pour les JO et les deux Grand Chelem restants en 2021 (Wimbledon et US Open). Dans le même temps, Novak Djokovic a connu une année compliquée, une fois passé son sacre sur gazon.

Un trou d’air lors des Jeux olympiques l’a privé à la fois d’un sacre en individuel et en double. Puis, à l’US Open, c’est l’exploit d’un Grand Chelem calendaire inédit dans l’ère Open qui lui a glissé entre les mains en finale contre Daniil Medvedev. Ensuite, il y a eu la rocambolesque saga australienne : faute de vaccination, Novak Djokovic a été expulsé du pays et n’a pas pu commencer l’Open local. Son premier trimestre s’est résumé à trois petits matches. Bourreau de travail aussi bien physique que psychologique, le “Djoker” s’est remis dans le droit chemin.

Un chemin en forme de courbe ascendante qui l’a conduit d’une défaite d’entrée à Monte-Carlo mi-avril au titre à Rome le 15 mai. Il n’a fallu qu’un mois au Serbe pour redevenir lui-même après son premier trimestre presque blanc.

“J’ai le sentiment que c’est derrière moi. Je me sens très bien sur le court. Mentalement également. Je suis frais. Je suis affûté”, avait-il déclaré en conférence de presse après son sacre romain.

Nadal sans certitudes

Tout le contraire de Nadal. Malgré son sacre à l’Open d’Australie, jamais l’Espagnol n’aura débarqué Porte d’Auteuil avec aussi peu de certitudes. Le Majorquin est arrivé à Paris sur la dynamique la plus précaire de sa carrière : seulement cinq matches joués sur terre battue, aucune finale, la faute à une fracture de fatigue aux côtes à deux mois de Roland-Garros, et un pied gauche en capilotade dix jours avant. Cette blessure avait même jeté le doute sur sa participation au rendez-vous parisien.

Dans le tournoi aussi, Nadal souffre de manière inhabituelle. Comme lors de son huitième de finale face à Félix Auger-Aliassime. Il a dû batailler pendant 4 h 21 min pour se sortir de ce guêpier face au neuvième mondial. Il a même été poussé dans un cinquième set, seulement son troisième match de la sorte à Roland-Garros et le premier depuis 2013.

Après n’avoir été que l’ombre de lui-même en début de match, Nadal a su, progressivement, reprendre la main sur la partie, jusqu’à mener deux manches à une. Mais quand on pensait l’issue entendue, Auger-Aliassime, porté par son service, a obligé le champion espagnol à jouer un cinquième set. Un long effort que Nadal risque de payer.

“J’ai encore traversé une période difficile avec mon pied, donc je ne sais pas ce qui peut se passer dans un avenir proche avec ma carrière”, philosophait Nadal après son huitième de finale. “C’est pourquoi j’essaie juste de profiter autant que possible et de me battre autant que je peux pour continuer à vivre le rêve qui est de continuer à jouer au tennis et d’être de retour dans un tour très avancé de Roland-Garros, en jouant contre le numéro 1 mondial. On verra bien.”

Djokovic en promenade

En face, Novak Djokovic est pour le moment en promenade de santé. En huitième de finale, l’Argentin Diego Schwartzman, 16e mondial et spécialiste de la terre battue, en a fait les frais. Il a été éjecté 6-1, 6-3, 6-3, en à peine plus de deux heures.

Le Serbe de 35 ans est en quarts de finale pour la treizième année consécutive à Roland-Garros. Et en vitesse : sans perdre le moindre set, en ne laissant échapper que trente jeux en quatre matches et en ayant passé à peine plus de huit heures sur les courts de la Porte d’Auteuil.

“Je suis content de ne pas avoir passé trop de temps sur le court moi-même jusqu’en quarts de finale, sachant que jouer (Rafael Nadal) à Roland-Garros est toujours une bataille physique, sans compter le reste”, a déclaré Novak Djokovic avant la confrontation. “C’est un énorme défi et probablement le plus grand que l’on puisse avoir ici à Roland-Garros. J’aime mes sensations et la façon dont j’ai frappé la balle. Je vais me concentrer sur ce que je dois faire et je crois en mes chances.”

“Nole” peut y croire. Il est le seul homme à avoir battu à deux reprises Nadal Porte d’Auteuil. Jamais deux sans trois ?

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