Seine-Saint-Denis : en prévision d’une assemblée, l’université Paris 8 fermée «pour raisons de sécurité»

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« On réutilise les outils mis en place pendant le confinement pour réprimer le mouvement étudiant, c’est vraiment indécent. » Emma et Joséphine, 25 et 22 ans, ne décolèrent pas après avoir appris, ce mardi matin, la fermeture administrative de l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, située à Saint-Denis, et le basculement des enseignements en distanciel. Cette décision a été prise « pour des raisons de sécurité », indique de manière laconique l’université, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Emma et Joséphine font partie du collectif « P8 se mobilise », créé après le premier tour de l’élection présidentielle ayant vu Emmanuel Macron et Marine Le Pen se qualifier pour le second. « On veut agir, lancent les deux étudiantes. En 2002, des millions de personnes sont descendues dans la rue contre l’extrême droite. Cette année, il n’y a personne, c’est atone. On a peur, on a besoin d’ouvrir des espaces de discussion. »

Une assemblée générale devait se tenir à l’université, à midi ce mardi, mais la fermeture du campus a « pris de court » le mouvement. « Que la présidence ferme l’université quand des étudiants prévoient de se réunir pour discuter, c’est un scandale, c’est un niveau de répression administrative incroyable », lance un jeune homme. « On n’appelait pas du tout à un blocage, juste à débattre », assurent Emma et Joséphine. Le collectif « P8 se mobilise » maintient l’appel à une assemblée générale Interfacs ce mercredi, à 10 heures.

Mobilisation pour les étudiants ukrainiens

La fermeture de Paris 8 fait suite à celle décidée vendredi dernier à Nanterre (Hauts-de-Seine), là aussi en prévision d’une assemblée, et à l’occupation de Paris-I et de Sciences-po Paris la semaine dernière. « On voit que le gouvernement a vraiment peur que ça pète dans la jeunesse », observe Irène, 20 ans, membre du Poing levé.

Ce collectif étudiant anticapitaliste et révolutionnaire se démène aussi pour améliorer le sort réservé aux étudiants d’Ukraine, menacés d’expulsion, qui cherchent à s’inscrire à Paris 8. Ils sont environ 200, selon la jeune femme, et décision a été prise de « faire converger les deux mobilisations ». Un rendez-vous sur le sujet doit se tenir ce mercredi, en fin de journée, avec la présidence de l’université.

Aucune date de réouverture n’est pour l’instant annoncée.

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